Aujourd’hui, j’aimerai vous partager l’expérience de deux boursiers Zellidja. Ceux-ci sont partis respectivement aux Etats-Unis/Canada et au Japon. Pourquoi ai-je choisi d’interviewer deux personnes partis dans des pays si éloigné l’un de l’autre ? Tout simplement parce que j’ai voulu démontrer que partir dans deux pays avec une grosse différence culturelle vous ouvre exactement la même vision du voyage. Vous rentrez avec une vu changer sur le monde et avec un esprit beaucoup plus ouvert que lorsque vous êtes parti. Vous trouverez ci-dessous les interviews de ses deux boursiers.


Interview de Johny Furlan (Canada, Etats-Unis)

Comment as-tu découvert Zellidja ?

J’ai découvert l’association par hasard sur les réseaux sociaux. 

Comment tes amies et ta famille a-t-elle réagi lorsque tu leur à annoncer ton projet ?

J’avais déjà prévu de partir avec ou sans l’association. J’avais toujours voulu me lancer dans ce projet tout en voulant découvrir des choses et améliorer mon anglais. Quand j’ai découvert l’association, je me suis senti vraiment chanceux puisque je l’ai découvert dans les temps et pile au moment où j’avais envie de partir à l’étranger. En effet, il faut avoir moins de 20 ans pour pouvoir bénéficier de la bourse, c’était ma dernière année pour la détenir. Ma mère était à la fois heureuse et inquiète. Concernant mon entourage en général, je crois qu’il n’a pas réalisé parce que moi-même je ne réalisais pas. J’ai eu de bons retours, parfois quelques critiques négatives mais constructives. Dans la grande majorité, beaucoup de personnes m’ont encouragé dans mon projet. Néanmoins, une petite minorité m’a dit que voyager c’est bien mais qu’après un voyage, il y a très peu de perspectives. Ce serait de l’argent et du temps sacrifié en quelques sortes. Je pense qu’il faut faire la balance. Un projet avec l’association Zellidja est un avantage que ce soit sur le plan personnel ou sur un curriculum vitae.

Est-ce que quelqu’un t’as aidé ou soutenu pour la préparation à la préparation devant le jury ?

Oui et non. Non parce que c’est par moi-même que j’ai fait toutes les démarches et cherché les infos. Oui parce que je ne détenais pas ces infos, j’ai dû aller les chercher auprès de beaucoup de monde. Par exemple, je ne savais pas trop où aller, je ne savais pas comment entreprendre un voyage. Je ne faisais qu’en parler. Dès que je savais qu’une personne avait voyagé, même un peu de temps, je procédais à un interrogatoire pour recueillir toutes les informations que je pouvais.

Devant le jury, je n’ai pas cherché à me préparer. Les membres du jury sont très conciliants, ils sont simplement là pour t’épauler, avoir des précisions sur ce que tu comptes faire et observer ta détermination. Mon entretien s’est très bien passé. Je me rappelle que le jury m’avait dit qu’ils avaient sous leurs yeux le projet le plus intéressant de la promotion. Ça ne peut que vous booster !

Avais-tu peur de partir ? Si oui en combien de temps cette peur est-elle passée ?

J’avais peur mais c’était de la bonne peur. Quand je suis passé devant le jury, j’ai eu peur quant aux critiques de mon projet, mais c’était dans l’attente d’avoir un avis. J’ai eu peur lorsque le jury m’a annoncé lors d’une soirée entre amis qu’il avait sélectionnés mon projet ou lorsque j’ai acheté mon billet d’avion. Il y a une forme d’adrénaline lorsque j’actais à chaque fois cette envie immense de voyager. En effet, jusque-là, celle-ci était simplement restée dans mon esprit. Enfin, j’ai eu peur au moment de mon départ jusqu’à que j’accède à mon avion. J’ai eu plein de péripéties : j’ai cru que mon sac était trop grand pour passer en cabine, j’avais laissé un shampoing dans le sac ou encore je me suis trompé d’embarquement avant de trouver le bon. Mais dès que j’étais dans l’avion, je n’avais plus du tout eu peur.

Combien de temps es-tu resté aux Etats-Unis/Canada?

Je suis resté trois mois.

Le suivi de tes activités durant ton voyage n’a pas été trop long ?

Le projet que j’avais prévu de faire m’a donné beaucoup de liberté dans mes activités. En effet, j’ai fait des interviews de toutes les personnes que je pouvais interviewer sur le thème du bonheur. Je me suis forcé à faire environ une interview par jour. Mais à côté de ça, j’ai fait tellement d’activités que je n’ai presque jamais eu le temps de m’ennuyer. J’ai fait une page facebook qui m’a servi à retranscrire mon avancée. Ce que j’ai bien aimé avec mon projet, ce qu’il m’a forcé à aller vers les gens. Sans ça, je n’aurais pas fait la moitié de ce que j’ai réalisé pendant mon voyage. Une rencontre t’emmène vers d’autres rencontres. Et les rencontres t’emmènent vers d’autres lieux et te font découvrir de nouvelles choses.

Durant ton voyage ton caractère a-t-il changé ? As-tu appris à accepter l’autre ? (diversité ?)

Pendant mon voyage, je me suis surpris dans ma capacité à me débrouiller et à aller vers les autres. Je n’avais prévu que dix nuits où dormir pendant mon voyage. Et j’ai su trouver des personnes pour m’héberger de jour en jour. Au final sur 91 jours, j’ai fait 7 jours à l’hôtel (ça c’est une histoire assez spéciale car c’était dans le cadre d’un voyage organisé : plus on trouvait de gens, moins c’était cher), 3 jours dans une auberge de jeunesse, 15 jours de wwoofing dans une ferme et pour tout le reste, je n’ai fait que du couchsurfing. Pour mon projet, je ne pensais pas faire autant de portraits : environ cent personnes. Je me suis forgé une habitude, une sorte d’aura pour dialoguer avec les gens. C’est devenu naturel. Je crois que ça m’a rendu plus tolérant envers les autres en apprenant plus sur autrui, ça m’a permis de voir toute l’étendue d’une société en rencontrant des gens très pauvres comme très riches. Enfin, je ne pensais pas autant travailler sur mon projet. Quand on est passionné par quelque chose, on s’étonne à se donner à 100% 

La bourse t’a-t-elle suffi pour ton voyage ? Sinon comment as-tu subvenu tes besoins ?

La bourse n’est pas suffisante. J’avais déjà prévu de voyager avant de connaître la bourse. Elle a été comme un plus finalement. Mon voyage m’a coûté 3000 euros. La bourse équivaut à même pas 1/3 de mon budget. L’intérêt de participer à ce type de voyage, hormis ce petit plus financier, c’est de s’accomplir. C’est de réaliser quelque chose qu’on a toujours voulu faire. C’est motivant et ça rend responsable d’avoir des gens qui sont là pour vous appuyer et pour vous juger. Pour avoir eu ce tel budget, j’ai consacré tout un été à travailler. J’ai enchainé les travails saisonniers : les champs, la banque, les marchés etc.

Comment as-tu vécu ton retour en France ?

Bien et mal. Bien car ça fait du bien de retrouver sa famille, son entourage, son confort et ses habitudes. Mal puisque je n’ai eu qu’une semaine à peine avant de reprendre mes études. Il n’y a pas de pause conséquente. Si j’avais su, j’aurais réduit ou décalé mon voyage d’une semaine. Le problème, c’est que je n’avais pas la date de ma rentrée lorsque j’ai pris mes billets d’avion. Je pense qu’une pause d’au moins deux semaines est conseillée après un aussi long voyage. J’ai eu l’impression d’avoir fini mes partiels en juin, de faire mon projet au Canada et aux Etats-Unis puis de repartir en partiels dès mon arrivée en France. Et il y aussi toute la paperasse administrative à faire en revenant…

Est-ce que tu as participé à des conférences une fois retournées en France ?

Non, j’aimerais bien ! Je n’ai pas forcément trop le temps. D’ailleurs, j’ai fini de rédiger et d’envoyer l’ensemble de mon projet il n’y a même pas trois jours (1er décembre). Il y a tellement de choses à dire quand on me demande comment s’est passé mon voyage que finalement je dis : c’était super. Je n’arrive pas à dire plus, car je ne sais pas par quoi commencer. Si je dois raconter quelque chose, j’ai l’impression de devoir tout raconter. De plus, j’ai essayé de tout retranscrire sur mon journal de route (136 pages).
Est-ce que tu aimerais dire quelque chose aux jeunes qui hésitent à faire la demande de cette bourse ?

Xavier Dolan qui n’a seulement quelques années de plus que moi a dit « Je pense que tout est possible à qui rêve, ose, travaille et n’abandonne jamais ». Cette phrase est pour moi véridique.

Si je devais dire quelque chose aux jeunes qui veulent réaliser un rêve en voyageant, c’est de ne jamais abandonner ce rêve, il n’y a rien de pire qu’un jeune qui ne rêve pas. Il faut préserver ce rêve, le nourrir à son rythme afin de le réaliser. Ça demande de l’audace et beaucoup de travail. Mais quand on arrive au sommet, on est heureux de contempler tout le chemin qu’on a parcouru.

La bourse est seulement une aide à votre volonté intime de voyager. Elle ne voyagera pas à votre place. Je dirais que la bourse est un très bon accélérateur pour n’importe quel jeune qui souhaite entreprendre un projet qui le passionne à l’étranger.


Interview d’Elio Alvarez (Japon)

Comment as-tu découvert Zellidja ? 

Grâce à l’étudiant.fr. Je cherchais un job d’été au Japon, j’ai pris contact avec des personnes sur l’étudiant.fr mais avoir un petit job de quelques mois est impossible ou pas rentable, on m’a conseillé Zellidja qui offre des bourses de voyage. 

Comment tes amies et ta famille a-t-elle réagi lorsque tu leur à annoncer ton projet ? 

Tout le monde s’était déjà fait à l’idée à ce que je voyage au loin tôt ou tard, au Japon notamment. Mes parents auraient préféré que j’ai un boulot mais ils étaient contents de cette bourse.

 Est-ce que quelqu’un t’as aidé ou soutenu pour la préparation à la préparation devant le jury ? 

Oui une ancienne de Zellidja qui a fait son voyage au Japon elle aussi, Amandine. Et Philippe Oberlé de Zellidja ainsi que d’autres bénévoles ont répondu à mes questions.

 Avais-tu peur de partir ? Si oui en combien de temps cette peur est-elle passée ? 

Je n’avais aucune raison d’avoir peur. Une fois sur place c’était très stressant à cause des longues heures de vol, la fatigue, des complications inattendues et le choc de Tôkyô mais c’est vite passé.

Combien de temps es-tu resté au Japon ? 

Je suis resté du 23 mai au 27 juillet 2017. 

Le suivi de tes activités durant ton voyage n’a pas été trop long ? 

Je n’en ai pas eu l’impression. Tout au plus une heure par jour, mais je prenais peut-être un peu trop de liberté. Je pense qu’une heure par jour, le matin ou le soir c’est amplement suffisant. Et si on n’a pas eu le temps il faut vite rattraper.

 Durant ton voyage ton caractère a-t-il changé ? As-tu appris à accepter l’autre ? (diversité ?) 

Je n’ai pas l’impression d’avoir changé. Ça m’a conforté dans ma soif de voyage et de rencontres parce que c’est une expérience formidable que de partir le cœur ouvert et de porter son regard sans a priori et jugement sur les autres et les choses.

La bourse t’a-t-elle suffi pour ton voyage ? Sinon comment as-tu subvenu tes besoins ? 

Non elle n’a pas suffi, la bourse a juste permis de rembourser le billet d’avion (environ 530 euros aller-retour grâce à Air China, mais ce n’est pas pour rien si c’est le moins cher) et il restait environ 200 euros pour plus de deux mois au Japon et ce n’était pas suffisant. J’ai mis 800 euros de ma poche et celle de mes parents. 

Comment as-tu vécu ton retour en France ? 

Je vis en Espagne alors c’est plutôt en Espagne que je suis rentré et c’était étrange je crois. Cette sensation étrange me suit un peu.

Mon système digestif et mon sommeil ont été les premiers à pas trop comprendre ce qui se passait. Même quatre mois après j’ai toujours l’habitude japonaise de marcher à gauche et de me courber. Quelquefois il y a des expressions japonaises intraduisibles littéralement en français qui me semblent davantage convenir dans certains cas. Et beaucoup de choses me manquent, comme juste entendre le japonais. J’ai hâte de repartir. Je n’ai pas l’impression d’être à ma place à faire du surplace.

Est-ce que tu as participé à des conférences une fois retournées en France ? Est-ce que tu aimerais dire quelque chose aux jeunes qui hésitent à faire la demande de cette bourse ?

J’ai fait un passage à la radio de Montpellier. Mais je fais mes études à Aix-en-Provence et cela me prend du temps alors je n’ai rien fait de plus pour l’instant.

Si comme moi vous voulez voyager, vous ouvrir, apprendre sans avoir à travailler donc à suivre des exigences et un cadre, mais qu’il vous faut quand même de l’argent : Zellidja est un bon compromis. Zellidja permet de faire un voyage assez libre avec un projet de découverte et d’étude de son choix en fond. C’est quand même un cadre, quelques exigences à suivre et un projet à mener à terme mais je dirais tant mieux. Parole de fainéant : c’est plus agréable de ne rien faire et d’y aller tranquille quand on a plein de choses à faire que quand on n’a rien à faire et qu’on ne fait rien. Dans un cas c’est de l’ennui, de la mélancolie ; dans l’autre, c’est un plaisir mesquin et contemplatif, quelque chose d’indescriptible mais de libérateur. Puis ça donne une ligne directrice à laquelle rattacher ses errances.

On vit des situations dans lesquelles on ne se serait pas forcément mis de soi-même et on sort de sa petite zone de confort. Je pense que c’est important pour s’émanciper, se trouver, se relier aux autres. Ce n’est pas à l’école qu’on apprend le plus de choses. Ce n’est pas à l’école qu’on apprend de l’être humain, mais dans la vie, dans la rencontre avec la personne et quand on se retrouve seul(e) avec soi-même perdu(e) sur une route obscure du fin-fond de la cambrousse à l’autre bout du monde.

Au final, voyager, c’est un état d’esprit plus qu’un réel déplacement physique. On peut voyager dans son quotidien, il faut simplement garder l’œil et l’esprit vif, le cœur ouvert aux liturgies secrètes. Zellidja peut permettre de sauter le pas et d’aller au-delà, d’approfondir cela et de réaliser ses rêves. Je pense qu’on a tous et toutes au moins un endroit où on aimerait aller depuis toujours sans en avoir forcément les moyens ou la volonté. Ce projet peut devenir une motivation et une aide pour ses rêves. Alors ça vaut le coup de jouer le jeu.

J’espère que ces interviews vous ont servi et qu’ils vous ont donné envie de vous évader n’hésitez pas à poser vos questions en commentaire, et à partager l’article avec vos amis voyageurs, ou sur des groupes Facebook.

Je les remercie encore une fois pour avoir bien voulu répondre à mes questions et vous encourage à vous intéresser un peu plus à la bourse qui leurs à permis de partir.

Encore un grand merci à eux.

Catégories : Divers

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